Il faut qu’on vous raconte. Pendant quelques jours on a cru être maudits.
Bon, là, vous vous dites : « non mais, ne me dites pas qu’ils vont se permettre de se plaindre alors qu’ils ont la chance de voyager depuis trois mois ! ». Certes. Et non, le but n’est pas de s’apitoyer sur notre sort, évidemment (d’autant plus que la nuit dernière… on vous en parle un peu plus loin). Mais parfois, l’enchaînement d’obstacles à surmonter semble si bien orchestré qu’on en vient à penser qu’il y a quelque malice cachée qui prend plaisir à nous voir galérer (on espère qu’elle s’est bien marrée grâce à nous). On a forcément envie de partager cette expérience avec vous.
Alors, comme notre maître en la matière Toinou avant nous (son mail spécial galères australiennes est toujours disponible sur ce blog, si vous avez épuisé toutes les VDM sur le site du même nom, que vous vous êtes délectés de nos petites misères mais que vous n’êtes toujours pas rassasiés, vilains -c’est pas beau de rire des malheurs des autres- :-), nous sommes heureux de vous livrer le récit de quelques jours inoubliables.
Après tout, un voyage qui se déroule sans problèmes constitue t’il un voyage digne de ce nom ? Vous avez 4h (et pour ceux tentés de citer la fameuse phrase tirée de Tristes Tropiques dans leur intro, ce serait un peu trop facile les amis :-)).
Ce n’est pas la première fois, l’épisode Tracker restera un moment, comment dire… « fort » de notre aventure américaine (p# !* de voiture de * !# !).
Cet épisode commence par un évènement qui n’aurait pas du se produire. Grâce à qui ? A
Sarah ! Vous savez, la nana qui a des diplômes, fait sa maligne à tout bout de champ mais n’est pas capable de retenir un code à 4 chiffres qu’elle a pourtant utilisé un bon moment avant le voyage. Eh oui, j’ai réussi à oublier mon code de carte bleue française. Et c’est un problème, surtout quand il reste 100 dollars sur ton compte américain et que les cartes de Cédric sont périmées car il vient d’avoir 25 ans et que à 25 ans et ben t’as plus le droit aux comptes jeunes, aux réductions, à l’insouciance ;-) (mais tu gagnes le droit de toucher le RMI ou le RSA, ouais je suis au taquet - Martin !!! dédicace à Anna, remember Périgueux-).
Tu te creuses la tête, t’embrouille entre les numéros de codes d’immeuble de Nek et de Sarah, ceux du boulot, ton n° de sécu… Tu t’aperçois qu’aux USA, on ne te bouffe pas ta carte après plusieurs essais, ça doit bien cacher quelque chose mais bon désespérée tu tentes et te souviens enfin de ton code. Problème : il ne marche pas, c’est bête. Tu demandes l’envoi d’un nouveau code grâce à ta maman et tes bô papas qui remuent ciel et terre. Il arrive au moment où tu sens que tu vas passer la prochaine nuit dans ton truck. C’est le même, et oh surprise, il ne marche pas car tu as excédé le nombre d’essais, la machine ne t’as pas prévenue avant mais en même temps t’avais qu’à faire attention (ça cachait bien quelque chose bécasse).
[Le «tu » inclut évidemment super Cédric, c’est juste que ça va plus vite.]
Tu es à Baker, au fin fond de la Californie, tu as l’impression d’être
dans From Dusk Till Dawn (Une nuit en enfer) de Robert Rodriguez. Tu kiffes ta chambre au Royal (lol) Hawaian Motel qui est restée coincée en 1973
mais la patronne a quand même l’air d’un vampire et tu te doutes que quelque chose est tapi dans les caisses défoncées qui t’entourent.
Mais tu n’as pas d’autre choix que de sortir dehors car Internet marche 1 fois sur 10, pas toujours aux mêmes endroits et seulement pendant 47 secondes donc t’as
intérêt à faire vite si tu veux arriver à récupérer l’argent sur ton compte auquel tu ne peux pas accéder (parce que oui, tout ne va pas si mal, tu as bien calculé ton budget mais tu vas quand
même faire dodo dans le Cheyenne si ça continue alors que tu es sensée faire dodo à Vegas demain, argh !).
Tu réussis finalement à récupérer le code Western Union pour récupérer des sous que tu as préalablement viré sur le compte de ta maman qui a trop assuré comme d’hab (et a galéré elle aussi), elle
déchire. C’est génial, l’agence est juste dans un « business center » pas loin du motel. Tu rentres le n° de la rue sur le GPS pour être sûr et en voiture Georgette. Là, à l’adresse
indiquée, à droite il y a le désert (et pas au sens figuré) et à gauche un espèce de garage/casse auto qui a pas vraiment l’air d’un business center. Mais bon t’es à Baker, on sait jamais, ça
peut être ça (ça doit sinon t’es vraiment mal barrée).
Tu sors de la caisse, te fait aboyer dessus par les chiens de la casse, des pauvres chihuahuas certes, mais qui ont entraînés ambiance pits du ghetto et te font comprendre que les 700 euros s’ils sont là et bein tu peux leur dire au revoir parce qu’il faut bien payer les Friskies. Tu entends leur maître les appeler, te retournes et te retrouve face à un mix entre Thénardier et Charles Manson : ça va être sympa. Mais il prononce le mot magique quand tu lui demandes s’il fait Western Union : « oui », c’est donc bien ici. Lueur de soulagement : grave erreur ! Il se met à te parler du radiateur de ta voiture, non western union c’est pas ici, c’est plus loin, tu comprends rien à ce qu’il raconte, lui fais répéter et lui demande s’il est sûr de son info et là il te répond un ‘get outta here’ qui ne souffre aucun commentaire.
Tu y vas et tombes sur une station service/supermarché/resto/, c’est bon c’est là. L’oasis de Baker la paumée. Sauf qu’avant de goûter à l’eau, tu vas devoir attendre, c’est pas encore fini, tu crois quoi ? D’emblée tu sens que le mec à la caisse va pas devenir ton meilleur ami. Il a pas assez de cash, il n’écoute pas les infos que tu lui donnes même si ça pourrait l’aider et que ça irait plus vite, il s’en tape, il va passer la journée ici alors pourquoi pas toi ? Il fait passer tous les clients qui arrivent en te faisant t’écarter d’un geste de la main (t’as bien envie de lui faire comprendre que ça va pas être possible mais t’as des sous à récupérer alors tu marmonnes en français, c’est lamentable). Il y a un Billy the Kid de 70 ans avec foulard sur le visage, la totale, qui fait des allers retours à côté de toi en mode dialogue entre 2 de mes moi, voix qui change à chaque changement de personnage donc il blague pas. Il parle de guerre, de problèmes psychologiques mais il te fait de la peine et puis il est trop rigolo quand il met son foulard en mode bandit. Ced te rappelle à la réalité : « si ça se trouve, il va sortir une arme dans 2 secondes et tous nous trucider », ah ouais, peut-être. Finalement, il fait comme les ¾ des clients ici, il achète une bouteille de whisky et s’en va (c’était vraiment triste, blague à part). Le collègue du mec de la caisse assure et tu récupères enfin les sous.
C’est bon, ça y est, on est dépannés et on pourra régler le problème sans paniquer. On réserve notre chambre d’hôtel au Bellagio (grâce à super bô papa), c’était prévu depuis longtemps et puis m… on l’a bien mérité. On s’arrête mettre de l’essence en se disant que si on arrive à aller Vegas, notre voyage aux USA sera bouclé (on a eu des petits soucis de voiture, visité quelques garages et fait quelques réparations encore aujourd’hui, on détaille pas mais en plus du reste vous imaginez…). On fait 100 mètres, le bouchon d’essence tombe sur la route et un camion l’explose. Là je vous jure qu’on se dit qu’on est maudits ! On s’arrête à la station service, on sait jamais mais on n’y croit pas trop. Et là miracle, la nana de la station nous file un bouchon qui marche sur la caisse et gratos, quelqu’un l’a perdu et n’est jamais revenu le chercher. C’est un signe, la roue a tournée : WE REVERSED THE CURSE !
La suite a prouvé qu’on avait raison :
Les fontaines (et la vieille Dame) vues de la chambre au 19ème étage
Cédric qui kiffe son bain (et son coca dans un verre à vin !)
Comme le dit si bien Félix, Vegas c'est bien plus beau la nuit.
On tient à remercier très fort nos parents qui s'embêtent bien pour nous sauver (promis on vous emmenera au Bellagio).
On part au Mexique dans quelques jours.
On mettra à jour le blog avant de partir mais après on ne sait pas quand on pourra, alors pas d'inquiétudes.
Bisous à tous.
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Un torrent sur le chemin menant à la cascade vue sur la photo
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La vitesse excessive de certains tue 15 ours chaque année.